09 avril 2007

LE ROCK DANS TOUS SES ETATS 2006 : le bonheur est dans le pré une fois l'an à Evreux (Part III)

Je me suis sentie mal. Juste mal. Avec un mot qui se répète dans ma tête en boucle "putain, putain, putain, putain". Non, non, non. Même pas une nausée je crois pas. Mais quelquechose qui te donne envie de partir. Et surtout quelquechose qui veut te fait remonter les tripes jusqu'aux gencives. Je crois à la crise d'hypoglycémie, mais rien que d'y penser ça empire déjà parcequ'automatiquement je visualise ce qu'il faudrait avaler pour avoir ma dose de sucre. Je supporte plus de sentir aucune odeur. Et je m'imagine comme ceux emmenés par la Croix Rouge dans une panique générale. Alors que je m'étais jurée que quelquechose d'aussi con m'arriverait jamais. L'idée de râter un concert juste parce que "je me sens mal" déclenche une nouvelle vague de "putain". Et le pire c'est que je sais très bien que c'est pas seulement dans ma tête cette sensation : si je m'inquiète tellement c'est que ça m'est déjà arrivé, et j'avais réellement fini dans les chiottes. Alors je m'enfouis la tête entre les genoux et j'attends que l'orage passe.
Je reçois un texto de 8's en direct de devant la scène A : "Mhhh le guitariste à gauche". J'vois rien de toutes façons mais ça me fait sourire.
Xavier finit par revenir et me confie qu'il y a un véhicule rouge ressemblant fortement à un tour bus garé juste derrière la scène, avec juste une chaîne pour la sécurité. Le deuxième cafouillage dans ma tête s'est produit à ce moment je crois.

Le syndrome groupie. Pas moyen de me rappeler quand il a germé. Je sais juste que j'avais lu et relu avec passion et ferveur ce fameux article du Rock&Folk n°451 (Mars 2005, quand même). C'était La Saga des Groupies par Despentes et Busty (tiens?!) et ça m'avait donné une furieuse envie de m'interresser au phénomène. C'est à cause de cet article que je n'arrive toujours pas à retrouver ce qu'on reproche aux groupies, et que je m'engueule interminablement avec mes amis à propos de ces femelles controversées. Mais j'avais jamais pensé à faire le lien avec moi (moi ? quelle idée ! aucun rapport.).

Je me rappelle aussi que j'avais nourri un rêve, dans ce train en revenant du Havre, pendant toute une heure de voyage engorgée de soleil. Une idée qui me parut juste lumineuse : essayer de convaincre par mail un quelquonque responsable du festival du Rock dans tous ses Etats que je ferais parfaitement l'affaire s'il manque un photographe officiel. La seule chose que j'aurait demandé aurait été un pass pour aller où je veux sur le site. L'idée d'approcher qui je veux n'était pas la première chose à laquelle j'avait pensé. Mais surtout prendre en photo d'où je veux qui je veux. De là j'ai été motivée pendant quelques semaines, mais je trouvais l'idée de plus en plus à la fois condescendante et flippante.
J'ai rien fait du tout. Je crois que je regrette mais j'ai encore aucune idée de la manière dont j'aurais pu faire pour les convaincre.
Un beau rêve s'était éteint là mais, il a ressurgi sans prévenir à ce moment : dès qu'il a prononcé les mots "tour bus", j'ai tout de suite fait un lien avec moi ; d'un coup, comme si c'était naturel, j'ai pensé très sérieusement à la probabilité de voir le groupe et de lui parler. Si ce n'est pas précisément à ce moment que ça s'est passé, c'est exactement comme ça que je m'en souviens.

Je me sentais pas mieux. David et Claire sont revenus, m'ont aidée à me relever. Ma tête tournait tant qu'elle pouvait. Je me suis appuyée contre la barrière, la tête face à la scène, enfouie dans mes bras cette fois. Et David me fait un massage magique pour que j'aille mieux. Je crois que je me suis endormie quelques minutes.
Le concert de dEUS se termine, je me sens encore plus mal. Et j'ai peur d'avoir identifié le mal qui me ronge. Ca ressemble au trac. Je suis au plus mal jusqu'à ce que les premières notes retentissent sur la scène B.

A partir de là plus rien. Là, je ne me suis jamais sentie aussi bien. David s'est mis derrière moi et s'appuie sur la barrière de telle manière qu'il me protège des mouvements de foule. Note confort au maximum.

Le concert se déroule comme ça ; la musique est plutôt bonne, c'est entraînant et dansant, les mélodies se retiennent et Johnny communique bien avec le public. Seule erreur : j'avais ommis de parler de Razorlight à David. Mais il a vite compris l'idée ; dès les premières minutes c'était : "je l'aiiiime! il est trop booon!!". Oui l'ensemble de scène blanc pyjama moulant de Johnny Borrell fait des ravages... But Blame It On The Tetons...


[from http://www.froggydelight.com/]

Après les dernières notes, limite même avant que le groupe soit sorti de scène, je me suis retrouvée entraînée par Xavier en 30 secondes en dehors du public et devant la chaîne de sécurité, derrière la scène.

Mais d'abord je crois que des explications sont à donner quand à l'agencement du site du festival. Il y a les deux scènes avec une grande étendue d'herbe devant elles. Et la particularité, c'est ce passage entre les deux scènes principales qui mène à la Papamobile, petite scène largement à part accueillant les groupes régionaux. Et de part ce passage, l'espace réservé au staff et aux groupes se trouve séparé à cet endroit ; du coup ils sont bien obligés d'y passer. Et au centre de la clotûre en fer, seule une chaîne décrochable et un vigile délimitent l'espace VIP.
Nous, nous étions devant l'espace vide derrière la scène B avec quelques autres gens du public, une grande étendue de pelouse avec effectivement un tour bus rouge au fond. On voit le groupe près du bus et un de nous se met à piailler "Johnny!!!!!!" On était pas plus de 5 à être à cet endroit pour les voir eux, les autres étaient des passants, là parce qu'ils revenaient des toilettes ou du stand de boissons, et cherchaient après qui on hurlait comme ça.
Après quelques "Johnny!" à plusieurs voix, il finit par nous entendre et nous faire signe. Wahou, déjà j'étais toute contente. Juste comme une petite fille qui a vu le Père Noël. Ce petit coucou m'aurait fait ma soirée, j'attendais pas grand-chose de plus au fond. Mais j'ai pas refusé quand c'est venu.

Par réflexe, on reste au même endroit à guetter les faits et gestes du groupe, juste au cas ou quelquechose d'extra se produirait on sait jamais. Puis aussi on se sent privilégiés juste par le fait de savoir qu'ils sont là, pas loin. A portée, même si on bouge pas.

Et puis c'est allé un peu vite ; j'ai vu une fille passer la chaine pendant que le vigile qui gardait l'entrée de l'autre côté du passage regardait pas, elle allait tout droit vers le bus et le groupe. J'étais sur le cul. Des insultes perfides et de jalousies pas dissimulés du tout ont coulé de ma bouche. Et le vigile s'en est rendu compte (un peu tard) et s'est mis à lui courir après, bien qu'elle soit déjà en train de parler avec Johnny. Le vigile revient bredouille, puis quelques très longues minutes plus tard, la fan à son tour, mais une bière à la main. Elle se laisse tomber par terre et commence à aduler la bière qu'elle porte dans ses mains, pousse des petits cris et ainsi de suite... oui Daphnée est une grande fan, je le saurai plus tard. Puis deux autres fans arrivent et se renseignent, sachant ce qu'il s'est passé elles décident d'y aller aussi quand le vigile regardera ailleurs. Quelques secondes plus tard elles se faufilent en trottinant jusqu'au bus. Et là Xavier me regarde : "alors ? on y va ?".
Grosse confusance. Lui "on a l'occasion là, on se bouge ou pas ?". "Mais j'ai rien à leur dire." "Bah juste pour une photo allez!! Vite!!" Et nous voilà nous aussi à passer la chaînette pendant que les autres nous regardent nous éloigner, et qu'on essaie de se dépêcher ; je me retourne deux secondes, je vois le vigile qui arrive en courant... J'dis "Vite, merde il arrive te retourne pas".

Scène pitoyable de deux jeunes gens traversant le plus vite possible une pelouse la tête baissée... Mais pour rien au monde je n'aurais réculé le long de cette ligne droite qui paraissait interminable, pour arriver à un lieu ... plutôt louche et inconnu. Mais je voulais absolument en être. Sinon, je l'aurais toujours regretté. Pourtant c'était rien qu'un endroit "VIP", avec un groupe que je connaissais à peine. Mais ce qui me plaisait c'était que je savais même pas ce qui allait se passer une fois là-bas ; et puis aussi, ... c'est des rock stars quoi.

... à suivre

Posté par poopoopidoow à 03:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur LE ROCK DANS TOUS SES ETATS 2006 : le bonheur est dans le pré une fois l'an à Evreux (Part III)

  • Na na na !!!

    Tu dis ça parce qu'à ce moment là tu savais pas ce que c'tait d'être vraiment VIP... H-24 ^^

    Posté par Heights, 09 avril 2007 à 13:26 | | Répondre
  • OUUUuulala oui très très VIP... ça pleut ça mouille d'être VIP quand même

    Posté par poopoopidoow, 09 avril 2007 à 13:31 | | Répondre
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